Par Nadia Benali Diagnostics 9 min de lecture

Comment contester un DPE : recours, contre-expertise et responsabilité du diagnostiqueur

Comment contester un DPE erroné ? Vérifiez les preuves, demandez un contre-diagnostic et obtenez les recours adaptés à votre situation en toute sécurité.

La réponse en bref

Pour contester un DPE, identifiez une donnée erronée, réunissez les justificatifs et faites réaliser un contre-diagnostic par un professionnel certifié. Demandez ensuite la correction au diagnostiqueur, puis envoyez une mise en demeure et saisissez son organisme certificateur si nécessaire. En cas de préjudice prouvé, vous pouvez engager la responsabilité du diagnostiqueur et de son assureur.

Vérifier si le DPE comporte une erreur contestable

Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est opposable, selon le ministère chargé du Logement : une donnée erronée peut donc justifier une demande de rectification lorsqu’elle vous cause un préjudice. Comparez les informations du rapport avec le logement réel et les règles applicables aux diagnostics énergétiques.

Les points à contrôler concernent d’abord les caractéristiques déclarées et les équipements, puis les personnes habilitées à contester le DPE et les conséquences juridiques de son erreur.

Les erreurs de données, de surface ou d’équipements à repérer

Contrôlez d’abord les données saisies, car la méthode DPE calcule l’étiquette à partir des caractéristiques du logement. Comparez le rapport avec vos justificatifs, plans et équipements réels, notamment sur :

  • la surface habitable et l’année de construction ;
  • le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la ventilation, individuels ou collectifs ;
  • l’isolation des murs, planchers bas, combles et toiture, avec les factures de travaux ;
  • les fenêtres, leur vitrage, leur menuiserie et leur orientation ;
  • les ponts thermiques et les équipements installés lors de la visite.

Une chaudière remplacée, une isolation justifiée mais déclarée « inconnue », ou un chauffage collectif assimilé à un système individuel peuvent modifier le calcul. Vérifiez aussi les hypothèses de votre diagnostic énergétique et les recommandations associées.

Un écart d’étiquette avec un autre DPE ne suffit pas à contester le premier : il faut identifier une donnée précise, démontrer qu’elle est inexacte et produire le document qui la corrige.

L’opposabilité du DPE et les personnes pouvant agir

Depuis le 1er juillet 2021, le DPE engage la responsabilité de son auteur, à l’exception de ses recommandations de travaux, qui restent indicatives, conformément à l’article L. 271-4 du Code de la construction et de l’habitation, consultable sur Légifrance.

Peuvent agir selon leur situation :

  • le propriétaire ayant commandé le diagnostic, pour demander sa correction au diagnostiqueur ;
  • l’acquéreur, contre le vendeur et, selon l’erreur, contre le diagnostiqueur ;
  • le locataire, contre le bailleur lorsque le DPE inexact a influencé la location ou ses conditions.

Pour contester un DPE, démontrez une erreur précise et un préjudice mesurable : refus de location, prix de vente affecté ou travaux engagés à tort. Les règles applicables au bailleur sont détaillées dans notre guide sur le DPE et la location.

Réunir les preuves avant de contester le diagnostic

Contester un DPE en 4 étapes1
Vérifier le rapport
Comparez les données avec le logement et vos justificatifs.
2
Réunir les preuves
Ajoutez plans, factures, notices et photographies datées.
3
Faire un contre-DPE
Demandez une comparaison écrite, poste par poste.
4
Réclamer puis agir
Correction, mise en demeure, certificateur ou recours.
Une contestation efficace repose sur une erreur précise, des preuves et un préjudice démontré.

Constituez un dossier daté avant toute réclamation : rapport DPE, photographies, factures, plans et notices techniques permettent de confronter les données déclarées à l’état réel du logement. Un contre-diagnostic DPE réalisé par un professionnel compétent peut objectiver l’erreur et ses conséquences sur l’étiquette.

Ces éléments serviront d’abord à demander une correction au diagnostiqueur, puis, si nécessaire, à établir votre préjudice dans le cadre d’un recours.

Faire réaliser un contre-diagnostic par un diagnostiqueur certifié

Mandatez un second professionnel, indépendant du premier, et demandez-lui un rapport fondé sur les justificatifs disponibles. Le diagnostiqueur doit être certifié conformément à l’article L. 271-6 du Code de la construction et de l’habitation, une exigence applicable aux diagnostics énergétiques.

Transmettez-lui les plans, factures de travaux, notices d’équipements, photographies datées et attestations d’isolation. Un DPE différent ne prouve pas, à lui seul, une faute : le contre-diagnostic doit identifier précisément une donnée erronée, un équipement omis ou une méthode mal appliquée. Demandez une comparaison écrite, poste par poste, entre les deux rapports.

Conserver les documents techniques et justificatifs du logement

Conservez les pièces qui permettent de vérifier chaque donnée saisie : plans ou acte de vente pour la surface, factures et attestations de travaux pour l’isolation, notices des équipements de chauffage, d’eau chaude et de ventilation. Des photographies datées des murs isolés, fenêtres, émetteurs et étiquettes d’appareils complètent utilement le dossier.

Ajoutez, lorsque le logement est en copropriété, les procès-verbaux d’assemblée générale, le diagnostic technique global et le plan pluriannuel de travaux. Ces documents peuvent établir qu’une isolation collective ou un équipement commun n’a pas été pris en compte dans le DPE.

Classez les justificatifs par poste, puis transmettez-en une copie au contre-diagnostiqueur et au premier professionnel lors de votre demande de correction. Pour identifier les informations à confronter dans le rapport, consultez notre guide des diagnostics énergétiques.

Tenter un règlement amiable avec le diagnostiqueur

Ce qui rend la contestation recevable
À prouver
  • Donnée précise erronée
  • Justificatif technique
  • Préjudice chiffrable
  • Lien entre erreur et dommage
Insuffisant seul
  • Écart entre deux étiquettes
  • Désaccord sur la classe finale
  • Simple confirmation par courriel
  • Recommandation de travaux
Un écart d'étiquette seul ne suffit pas : la donnée inexacte doit être prouvée.

Adressez d’abord au diagnostiqueur un dossier précis, appuyé sur le contre-diagnostic et vos justificatifs, afin d’obtenir la rectification du rapport sans procédure judiciaire. Les informations du DPE étant opposables, hors recommandations de travaux, cette démarche constitue une étape utile avant tout recours, comme l’explique notre guide sur le DPE faux et les recours.

La demande de correction, puis la mise en demeure et le signalement à l’organisme certificateur permettent de formaliser votre contestation du DPE et de conserver la preuve de vos échanges.

Demander la correction du DPE et une nouvelle évaluation

Demandez au diagnostiqueur, par écrit, la rectification des données identifiées, en joignant le contre-diagnostic, les factures et les plans utiles. Listez chaque erreur, sa preuve et son incidence attendue sur la classe énergie ou climat, sans vous limiter à contester l’étiquette finale.

Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est opposable, selon service-public.fr : un diagnostic erroné peut donc engager la responsabilité de son auteur. Demandez un rapport corrigé, avec un nouveau numéro de DPE transmis à l’Observatoire de l’ADEME, plutôt qu’une simple confirmation par courriel. Consultez aussi les étapes d’un diagnostic DPE pour vérifier que la visite et les caractéristiques du logement ont été correctement prises en compte.

Envoyer une mise en demeure et saisir l’organisme certificateur

Adressez une mise en demeure au diagnostiqueur par lettre recommandée avec accusé de réception. Indiquez les erreurs relevées, les pièces jointes, la correction demandée et une date limite de réponse précise. Demandez aussi la transmission de la déclaration à son assureur si votre préjudice est déjà identifié.

En cas de refus ou d’absence de réponse, saisissez l’organisme certificateur mentionné sur le certificat du professionnel. Joignez le DPE, le contre-diagnostic et vos justificatifs. L’organisme contrôle le respect des règles de certification prévues par l’article L. 271-6 du Code de la construction et de l’habitation, consultable sur Légifrance, mais il ne peut pas vous attribuer une indemnisation.

Ces règles concernent l’ensemble des diagnostics énergétiques : la réclamation écrite constitue une preuve utile avant un recours contre le diagnostiqueur.

Engager un recours en cas d’échec de la contestation

Les repères juridiques du recours2021
DPE opposable
5 ans
Délai pour agir
DPE
Date à conserver
Contre-DPE
Date à conserver
Conservez les dates du DPE, du contre-diagnostic et de tous les échanges.

En l’absence de correction amiable, vous pouvez rechercher la responsabilité du diagnostiqueur si une erreur démontrée vous a causé un préjudice. Le DPE est opposable depuis le 1er juillet 2021, selon le Code de la construction et de l’habitation : les diagnostics énergétiques peuvent donc produire des effets juridiques pour le vendeur, le bailleur ou le professionnel concerné.

Mettre en cause la responsabilité du diagnostiqueur et son assurance

Vous devez prouver trois éléments : une faute du diagnostiqueur, un préjudice chiffrable et le lien entre cette erreur et votre dommage. L’article L. 271-6 du Code de la construction et de l’habitation impose au diagnostiqueur certifié de souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle couvrant les conséquences d’un diagnostic erroné.

Adressez votre réclamation au diagnostiqueur et, si ses coordonnées figurent au rapport, à son assureur. Joignez le contre-diagnostic, les justificatifs techniques et le chiffrage du préjudice : surcoût de travaux, baisse de prix négociée ou perte d’un locataire, par exemple. L’action directe contre l’assureur est prévue par l’article L. 124-3 du Code des assurances. Vérifiez aussi les données du DPE avant toute demande d’indemnisation.

Respecter les délais et demander réparation du préjudice subi

Vous disposez en principe de cinq ans pour agir, à compter du jour où vous avez connu, ou auriez dû connaître, les faits permettant le recours, selon l’article 2224 du Code civil. Conservez la date du DPE, celle du contre-diagnostic et vos échanges avec le professionnel pour établir ce point de départ.

Chiffrez uniquement les préjudices directement liés à l’erreur : coût du contre-diagnostic, travaux engagés à tort, baisse de prix négociée ou perte d’une chance de louer ou vendre dans de meilleures conditions. Le coût justifié d’un nouveau diagnostic peut notamment être comparé au prix d’un DPE.

Une erreur ne donne pas automatiquement droit à indemnisation : vous devez démontrer son incidence financière. En l’absence d’accord avec l’assureur du diagnostiqueur, le tribunal judiciaire peut être saisi.

Le bon réflexe : avant de vous lancer, demandez des devis gratuits à des professionnels vérifiés près de chez vous pour comparer en connaissance de cause, sans engagement.

Questions fréquentes

Peut-on contester un DPE erroné ?

Oui. Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est opposable, hors recommandations de travaux. Vous devez prouver une erreur précise et son préjudice.

Quelles erreurs permettent de contester un DPE ?

Une surface inexacte, une isolation déclarée inconnue, un équipement omis ou un chauffage collectif mal renseigné peuvent justifier une contestation.

Un second DPE différent suffit-il pour contester ?

Non. Le contre-diagnostic doit identifier une donnée erronée, un équipement omis ou une méthode mal appliquée, avec des justificatifs.

Quel délai pour agir contre un diagnostiqueur ?

Vous disposez en principe de cinq ans à compter du jour où vous avez connu, ou auriez dû connaître, les faits permettant le recours.

  • Service-Public.fr : Diagnostic de performance énergétique (DPE)
  • Légifrance : Code de la construction et de l'habitation, article L. 271-4
  • Légifrance : Code de la construction et de l'habitation, article L. 271-6
  • Légifrance : Code civil, article 2224

À lire aussi